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Ecouter Paris, le 17 Mars 2009
Extrait de la publication Stratégie d'Investissement du mois de mars 2009 :
La conjoncture économique reste défavorable
Les indicateurs économiques récemment publiés n'incitent pas à l'optimisme. Même si la conjoncture mondiale n'apparaît pas être l'élément principal guidant les décisions des investisseurs à l'heure actuelle, ce climat n'incite vraisemblablement pas à augmenter le risque. Suite à l'arrêt brutal de l'activité et du commerce mondial survenu fin 2008, les révisions à la baisse des perspectives de croissance ont été massives. Après un difficile début d'année, la récession marquera 2009 avec une contraction de l'activité mondiale. Les prévisions pour 2010 envisagent le retour à la croissance mais celle-ci resterait largement inférieure au potentiel et les effets des plans de relance budgétaire ne semblent pas être totalement intégrés.
Toutefois, les propos de la Fed ou encore du G10 (groupe des dix grandes Banques centrales) se font peu à peu plus encourageants. Jean-Claude Trichet, en tant que porte-parole du G10, a ainsi affirmé que la croissance mondiale devrait être proche de zéro en 2009, avec une reprise en 2010. Les investisseurs ne paraissent pas encore disposés à faire ce pari et s'attachent davantage aux mauvaises nouvelles (situation en Europe de l'Est, craintes sur le financement de certains états membres de la zone euro,…).
Craintes sur le système financier
La santé du système bancaire a été plus que jamais au centre de toutes les attentions. Alors que la présentation initiale du plan de stabilisation financière (Financial Stability Plan – FSP) par le Secrétaire au Trésor américain le 10 février a beaucoup déçu parce qu'elle a été jugée trop générale, les précisions ultérieures ne sont pas parvenues à lever toutes les incertitudes. En effet, même si les mesures qui constituent le Capital Assistance Program (CAP) ont été détaillées, quelques zones d'ombre demeurent. A l'issue de ce programme qui prévoit de faire passer un test de « résistance » des fonds propres des banques à des hypothèses économiques très défavorables, des procédures de recapitalisation seront mises en oeuvre si besoin est.
Les délais nécessaires (deux mois pour les tests et jusqu'à six mois ensuite pour les appels au marché ou aux fonds publics) renforcent les craintes des investisseurs d'autant plus qu'au même moment, des établissements américains de premier plan (banque et assurance) ont été contraints de faire appel aux pouvoirs publics. Le spectre des nationalisations a été réveillé à cette occasion même si les autorités de tutelle ont déclaré solennellement que « les banques doivent rester des entreprises privées ».
Des investisseurs sceptiques et des marchés agités
Le Trésor américain s'attaque au coeur du problème et la procédure envisagée devrait assurer une plus grande transparence, ce qui pourrait restaurer la confiance. La démarche nous semble appropriée du point de vue macroéconomique surtout qu'elle s'accompagne d'une politique monétaire toujours très accommodante, de lignes de crédit de la Fed pour faciliter les refinancements de prêts titrisés (crédit à la consommation et automobile notamment), d'un plan de relance budgétaire et de mesures spécifiques pour limiter les saisies immobilières. Ces initiatives sont de grande ampleur aux Etats-Unis et d'autres pays ont présenté des projets comparables.
Pour autant, et la réaction des marchés boursiers au cours des dernières semaines l'a une nouvelle fois prouvé, les effets d'annonce ne suffisent toujours pas à convaincre les investisseurs de se repositionner sur les actifs risqués. La période qui s'ouvre risque donc d'être encore agitée, en particulier par des rumeurs sur les résultats des tests. Face à cette situation instable, qui devrait se traduire par une volatilité toujours élevée, nous préférons abaisser notre exposition aux actions dans l'immédiat.
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A propos de...
La publication mensuelle Stratégie d'Investissement présente les choix d'allocation d'actifs mis en œuvre au sein de BNP Paribas Asset Management. La stratégie d'investissement résulte du suivi et de l'analyse de nombreux facteurs (conjoncture économique, croissance bénéficiaire et ratios financiers, outils de valorisation des marchés, indicateurs techniques…).