Un coup de main aux jeunes des quartiers défavorisés
Business manager chez CIB France, Laurent Favre aide des jeunes de l’association « Nos Quartiers ont des Talents » à trouver leur voie professionnelle.
« D’expérience, je savais que les compétences n’étaient pas suffisantes pour s’insérer dans une entreprise. Il faut aussi en connaître les codes, le non-dit, ce quelque chose que l’on ne vous apprend pas sur les bancs de l’école ou de l’université », explique Laurent Favre. Dix ans après son arrivée chez BNP Paribas, il estime que le temps de partager son expérience est venu. Il découvre « Nos Quartiers ont des Talents » dans un journal interne. La démarche de l’association, qui organise le parrainage de jeunes diplômés Bac+4 dans leur recherche d’emploi, lui semble intéressante et dynamique. Il se lance.
Premier parrainage, premier succès
Son premier filleul a 25 ans et un DESS en finances. Il est intelligent, bien formé, mais saisit mal le fonctionnement et les règles de l’entreprise. Mais il n’est pas toujours facile de se faire embaucher quand on s’appelle Mohamed et que l’on est diplômé de l’Université de Saint-Denis. Pendant un an, ils se rencontreront tous les mois, puis tous les 15 jours, pour formaliser un projet, rédiger un CV, préparer des entretiens. En août 2011, son filleul décroche un CDI dans une autre grande banque.
Une relation bénéfique aux jeunes…
Le rôle de Laurent n’est pas celui d’un tuteur ou d’un recruteur. Il se comporte avec ses filleuls comme il le ferait avec un ami ou un membre de la famille qui a du mal à trouver sa voie. Il apporte une méthode, des conseils et un carnet d’adresses. Des contacts réguliers avec la responsable Diversité lui permettent de faire le point sur son parrainage. Son deuxième filleul, plus jeune mais doté d’un profil plus pointu, décroche son premier emploi en moins de deux mois… Laurent démarre alors le parrainage d’un troisième filleul.
…tout autant qu’à Laurent
Le parrainage est une activité très éloignée de ce qu’il fait au quotidien mais elle lui apporte une véritable bouffée d’oxygène. Face à ces jeunes au parcours difficile, mais pourtant extrêmement courageux et motivés, il estime mieux comprendre l’importance de la Diversité et est convaincu de l’intérêt pour une entreprise de recruter des profils identiques à ceux de ses filleuls.
Zoom sur : Faciliter l’intégration des personnes handicapées
Créée en 2007 par huit institutions bancaires, HandiFormaBanques assure la formation de personnes handicapées aux métiers de la banque afin de faciliter leur intégration dans l’entreprise.
L’association HandiFormaBanques joue le rôle d’interface entre les employeurs potentiels que sont les banques et les personnes en situation de handicap. A l’instar des autres entreprises, les banques cherchent à favoriser l’intégration de salariés en situation de handicap et à diversifier les profils de leurs employés. De leur côté, les personnes handicapées subissent un taux de chômage deux fois plus élevé que les personnes valides et n’ont pas toujours le niveau de qualification requis. HandiFormaBanques a conçu un mécanisme qui permet de concilier ces paramètres.
Une formule innovante…
L’association fait le lien entre les besoins des banques et les demandes des personnes handicapées pour pré-sélectionner des candidats. Une fois recrutés, ceux-ci peuvent bénéficier d’une préformation avant d’entamer un contrat de professionnalisation d’un an aux métiers de chargé d’accueil ou de téléconseiller bancaire. L’association veille à ce que des mesures d’accompagnement soient prises, notamment pour adapter les postes de travail. « C’est une bonne formule, innovante et rassurante pour les recruteurs, et bien adaptée à des candidats qui ont déjà une expérience du monde du travail », explique Jean-Michel Malé, responsable gestion et ressources humaines chez BNP Paribas.
…et qui fonctionne
Olivier Baduel est l’un des bénéficiaires de ce dispositif. Commercial dans le secteur de l’horticulture, il cherchait un nouveau métier à l’issue d’une longue maladie. « Celui de conseiller d’accueil m’est apparu comme une porte d’entrée vers un univers à la fois stable et évolutif », note-t-il. Une préformation de 8 semaines lui permet d’aborder plus sereinement le cursus bancaire avant d’entamer sa formation en alternance à Toulon. « C’est un excellent dispositif qui met face à face des personnes qui n’étaient a priori pas destinées à se rencontrer, explique-t-il : des grands professionnels du recrutement et des candidats aux parcours atypiques ».
Et Jean-Michel Malé d’ajouter : « Ce dispositif permet également d’introduire une plus grande diversité des profils dans le métier de chargé d’accueil, qui est généralement confié aux jeunes collaborateurs qui débutent leur carrière. Il nous apporte des collaborateurs motivés, conscients des perspectives d’évolution qui existent dans notre Groupe. »